Louis Rollinde peint depuis quarante ans, recherche régulière, répétée, de ce que peut recouvrir la notion d’inventaire : recensements d’éléments, qu’il s’agisse de planches sorties d’une taxinomie scientifique, de murs d’images, d’alignements de formes – même si ce sont le plus souvent des formes qui ne se donnent pas à voir en tant que telles. Formes informes en somme, toujours répétées, qui jouent avec l’idée d’un inventaire du réel et qui en même temps s’en échappent par l’absence de référent : inventaire de quoi ? de qui ?
2002 | 2023
La nomenclature, la parade scientifique des musées sont l’expression d’un goût de dilettante pour l’archéologie, pour la paléontologie, le muséum. Différentes taxinomies interviennent, comme autant de fragments d’inventaires : champignons, météorites, céphalopodes, généalogies. La science met en scène le rire sérieux, l’incongru expliqué, le sublime cartographié. Chaque dispositif de l’œuvre de Louis Rollinde contient une population et sa contradiction. Son équation, c’est l’oxymore.
Théo-Mario Coppola | 2019
Louis Rollinde ne joue pas sur plusieurs tableaux, mais passe d’un médium à l’autre ou d’un tableau à l’autre en creusant l’écart, en brouillant les pistes, avec toujours une extrême attention à la dislocation-conjonction des formes en train d’apparaître ou de se dissoudre sous ses yeux.
…/… Si « l’image est la dialectique à l’arrêt », l’artiste est celui qui n’arrête pas de se séparer de ce qu’il a fait et d’inquiéter la forme qu’il vient de trouver. L’artiste appelle alors la dissonance plus encore que l’harmonie, c’est pour cela qu’il n’est jamais là où on l’attend et que là où il est trouvé, il n’est déjà plus.
François Durif | 2014
Tout son travail repose sur l’indéfinition. Rollinde cultive le flou, l’ambiguïté. Il nous explique la duplicité, le passage, le basculement. L’instant où l’on pourrait être comme ceci, mais aussi son contraire. D’une certaine manière, son art complexe nous oblige à regarder, à nous méfier des apparences, des certitudes.
Laurent Gervereau | 2007
En fait, l’artiste a travaillé dans le cadre de cette confrontation scientifique pour continuer à questionner et décliner certaines occurrences de l’image et de ses troublante apparitions/disparitions.
…/…En effet, le « vu » dans ce qu’il entraîne de reconnaissance et de dénomination est empêché. Il se dérobe et inquiète le « su » jusqu’à nous faire croire à l’improbable comme seule réalité accessible.
Michèle Debat | 2002